
" L'art a cela de particulier, qu'il est à la fois supérieur et populaire: il manifeste ce qu'il y a de plus élevé, et il le manifeste à tous." La philosophie de l'art, Taine.
"4 grands facteurs qui expliquent la valorisation nouvelle de l'éthique, au sein même de la stratégie des entreprises : besoin de garde-fous sécuritaires dans un contexte de mondialisation aux régles de plus en plus floues; réaction contre l'essor des pratiques malsaines du business; développement d'un marketing des valeurs et de la solidarité; prise de conscience de l'importance du facteur humain dans les ressources humaines.
Le pouvoir des médias place enfin les entreprises sous une surveillance constante qui ne leur permet plus d'ignorer les mouvements protestataires de consommateurs.Bref, l'entreprise de demain sera citoyenne ou ne sera pas, serait-on tenté de dire. Acteur de fait de la vie civique, l'entreprise se trouve plus que jamais responsabilisée par rapport à l'environnement dans lequel elle évolue.
Tolérance, diversité, exigence d'absolu...
En termes d'éthique, l'art véhicule des valeurs de diversité et d'identité qui ne sont pas incompatibles entre elles et c'est bien l'une de ses spécificités uniques. Une autre valeur commune à l'art et à l'éthique, est celle de l'absolu, que ce soit sous la forme d'une quête de sens , de beauté, de transcendance. On ne transige pas , en éthique, avec le respect de la vie humaine. L'oeuvre d'art ne fait pas davantage de compromis avec son ambition de réaliser un rêve, de donner forme à l'imaginaire, de concrétiser un idéal.
Enfin l'art dispense une atemporalité qui l'affranchit des modes, du culte de la modernité, du jeunisme, de la mort.
Cette valeur qui lui est propre est particulièrement importante pour l'entreprise d'aujourd'hui dont l'avenir reste incertain et aléatoire, et pour le citoyen qui s'inquiète de plus en plus de son avenir, de celui des générations à suivre, de celui de la planète. Les oeuvres d'art vivent mais ne meurent pas , elles restent et témoignent de ce que l'humanité peut produire de meilleur. L'entreprise qui s'y associe acquiert d'emblée une éthique de durée, de crédibilité dans le temps, valeur qu'il lui est extrêmement difficile d'incarner par le seul biais de ses activités directement profitables.
L'obsession du moindre coût doit s'accompagner d'une plus grande recherche créative.
La mission de l'entreprise est d'abord de créer des richesses, des biens économiques, et d'assurer sa compétivité pour ne pas menacer son existence dans le futur. Le but de l'entreprise n'est pas de réaliser le bien moral partout et toujours.
Pourtant, dans le domaine des ressources humaines, l'hyperindividualisme et l'hyperanxiété appellent une réponse : l'attention plus systématique au facteur humain et à l'épanouissement des personnes, au respect des individus et à la valorisation de leur rôle dans l'entreprise, me semble incontournable dans l'intérêt même de l'entreprise.
J'ajoute que l'exigence morale du respect des contrats, des engagements et de la parole donnée est fondamentale parce qu'elle fonde la possibilité même de la vie économique, laquelle suppose la confiance entre les acteurs. On l'a vu dans la crise bancaire récemment.
Esthétisation du quotidien, aspiration d'un nouvel art de vivre, éthique des entreprises, il y a matière à envisager la place de l'art dans l'entreprise sous de nouvelles formes.
Il semble que le mécénat artistique parrainant de grands événements dans la ville devrait donner lieu à des propositions plus diversifiées, plus nombreuses. Je constate que l'art dit d'avant-garde ou émergent, reste coupé du grand nombre
mais pour autant, un public de plus en plus nombreux, est concerné et se montre curieux d'expressions artistiques au sens large. Voyez le succès des grandes expositions, du tourisme culturel, des animations de rues.
Beaucoup reste à faire et à imaginer. C'est un vecteur à développer pour les entreprises riche en potentiel d'images."