INSPIREZ-VOUS DE L'ART POUR MANAGER AUTREMENT

"L'économie de la connaissance exige des dirigeants et des managers qu'ils maîtrisent les formes de vie qui les entourent. L'art contemporain, à travers ses problématiques et ses processus de création, fournit les codes d'accès pour les déchiffrer et offre des angles de vue nouveaux, nécessaires à la création de richesse économique, sociale et culturelle."

Avec des méthodes innovantes inspirées de et par l'art, des pistes d'actions pour manager autrement et des rencontres managers/artistes/publics, happyhours! formule le voeu, que 2010 vous permettra de mettre en oeuvre les transformations stratégiques dont dépendent la survie et le développement de l'entreprise de demain.
C.M

DÉSIR DE...L'ÉMOTION: par Alain Livache


Entre le concept et l'émotion, une autre intelligibilité.
"je ne ressens rien,...cela ne me procure aucune émotion,...c'est intellectuel,...c'est incompréhensible,..."

Beaucoup d'oeuvres ont plus de correspondances avec un essai qu'avec un roman. On n'attend pas d'un essai sur la bioéthique de l'émotion, on en attend des mises en question, des positionnements sur lesquels prendre appui pour étayer son approche personnelle. Ainsi donc, certaines oeuvres sont de cet acabit, elles émargent plus à une pensée qu'à un acte de sensibilité.
Il convient alors d'apprécier l'oeuvre pour ce qu'elle propose, pour ce qu'elle est.
Et ensuite en fonction de ce qu'elle est, d'y apporter un regard critique.

ENTREPRISE : Art, métamorphose et entropie. Bernard Arnault,pdg de LVMH déclare :


(Exposition en entreprise)

"Que se soit dans la peinture, la musique, ou la mode, il y a des fractures dans le parcours de la création. La réussite dans les entreprises vient de la capacité que l'on a à gérer les deux, l'irrationnel et le rationnel : à transformer cette irrationnel en réalité économique. Et c'est cela qui est captivant. Pour réussir, il faut avoir un sens artistique, être capable de sentir les évolutions. L'idéal est d'avoir en soi cette ambivalence."
Plus on a appris à désapprendre, plus on apprend à apprendre; le rythme d'innovation s'accélère indéfiniment, le désir d'entreprendre gonfle sans fin, l'intuition de nouveaux projets attise la passion de la création de richesse. Accepter que chaque être dans ce monde est mortel, que chaque élément va inexorablement vers sa destruction, accepter que dans chaque ordre réside le désordre vital, aide à briser les modéles établis, à accepter des dialectiques nouvelles et à accéder à l'autorité esthétique.
En tant que recherche d'équilibre dynamique entre l'ordre hérité des traditions et le désordre inhérent aux innovations et aux confrontations d'idées et de projets, l'entropie est aussi un puissant vecteur de réinvention et de transformation des entreprises.
"Les deux choses les plus importantes n'apparaissent pas au bilan d'une société:
sa réputation et ses hommes" Henry FORD

REGARD #3 : L'art et la communication interne. Par José Frèches.

L'art visage quotidien de l'entreprise.

"la communication interne peut enfin trouver dans l'art un appui continu, un fil rouge en quelque sorte, qui donne un sens à l'identité de l'entreprise au quotidien. C'est au quotidien que l'entreprise doit prendre un visage, à travers ses activités, ses métiers, ses services, ses produits ou ses marques. L'art peut alors se décliner sous forme d'ateliers, de conférences, d'expositions, de dossiers en utilisant les supports papier ou web. Il s'agit de faire vivre l'entreprise dans un registre stimulant, en dehors de son cadre strictement productif, pour en appuyer la stratégie, l'orientation, les valeurs, l'âme, l'éthique, le sens.
Proposer aux salariés des expositions, c'est les inviter à partager des moments de détente et de découverte qui cultivent à la fois la curiosité et l'émotion. La récurrence et la pérennité quotidienne de ces respirations artistiques apportent une valeur supplémentaire de reconnaissance identitaire dans un modèle artistique, perçu comme un accompagnement.
L'identité de l'entreprise trouve dans le modèle artistique plusieurs modes d'incarnation privilégiés: le mécénat, l'événementiel, l'accompagnement quotidien.
En termes de communication interne, cet outil s'avère d'autant plus efficace qu'il s'adresse aux sens et donne ainsi une visibilité plus aisée à un visage devenu difficile à cerner, mobile à l'extreme et souvent inquiétant.Au masque, l'art substitue
un portrait d'une authenticité dont les entreprises auraient tort de se priver, tout particulièrement lorsque leur identité est mise à mal par les aléas de la réalité économique."

REGARD #2 : L'art et la communication interne. Par José Frèches.


L'art visage d'exception de l'entreprise.

"Le laboratoire Sanofi Synthélabo a mis en place un dipositif de communication interne fédérateur autour de valeurs culturelles et artistiques: l'humanisme, valeur phare avancée par l'entreprise, se décline sous forme d'exposition, de conférences, de cycles de formation. Anniversaire, déménagement, fusion, restructuration, ou tout simplement manifestation annuelle, les occasions sont nombreusesde rappeler à ses personnels que les activités et les marques d'une entreprise sont aussi matière à imaginer, à rêver, à créer. Elles sont même des temps indispensables de détente et de respiration, pour réactiver la flamme du quotidien et rappeler l'identité tout simplement qui rassemble des corps de mêtiers, des compétences, des personnalités.
Ces temps forts de la communication interne participent à forger une identité collective en même temps qu'ils ouvrent souvent un dialogue impossible dans d'autres circonstances parce qu'il s'y échange des émotions et des expériences uniques en leur genre, qui n'ont aucun autre lieu d'expression."

ENTREPRISE : De l'exigence éthique à l'engagement artistique. Par Gilles Lipovetsky - philosophe et sociologue



" L'art a cela de particulier, qu'il est à la fois supérieur et populaire: il manifeste ce qu'il y a de plus élevé, et il le manifeste à tous." La philosophie de l'art, Taine.

"4 grands facteurs qui expliquent la valorisation nouvelle de l'éthique, au sein même de la stratégie des entreprises : besoin de garde-fous sécuritaires dans un contexte de mondialisation aux régles de plus en plus floues; réaction contre l'essor des pratiques malsaines du business; développement d'un marketing des valeurs et de la solidarité; prise de conscience de l'importance du facteur humain dans les ressources humaines.
Le pouvoir des médias place enfin les entreprises sous une surveillance constante qui ne leur permet plus d'ignorer les mouvements protestataires de consommateurs.Bref, l'entreprise de demain sera citoyenne ou ne sera pas, serait-on tenté de dire. Acteur de fait de la vie civique, l'entreprise se trouve plus que jamais responsabilisée par rapport à l'environnement dans lequel elle évolue.

Tolérance, diversité, exigence d'absolu...
En termes d'éthique, l'art véhicule des valeurs de diversité et d'identité qui ne sont pas incompatibles entre elles et c'est bien l'une de ses spécificités uniques. Une autre valeur commune à l'art et à l'éthique, est celle de l'absolu, que ce soit sous la forme d'une quête de sens , de beauté, de transcendance. On ne transige pas , en éthique, avec le respect de la vie humaine. L'oeuvre d'art ne fait pas davantage de compromis avec son ambition de réaliser un rêve, de donner forme à l'imaginaire, de concrétiser un idéal.
Enfin l'art dispense une atemporalité qui l'affranchit des modes, du culte de la modernité, du jeunisme, de la mort.
Cette valeur qui lui est propre est particulièrement importante pour l'entreprise d'aujourd'hui dont l'avenir reste incertain et aléatoire, et pour le citoyen qui s'inquiète de plus en plus de son avenir, de celui des générations à suivre, de celui de la planète. Les oeuvres d'art vivent mais ne meurent pas , elles restent et témoignent de ce que l'humanité peut produire de meilleur. L'entreprise qui s'y associe acquiert d'emblée une éthique de durée, de crédibilité dans le temps, valeur qu'il lui est extrêmement difficile d'incarner par le seul biais de ses activités directement profitables.

L'obsession du moindre coût doit s'accompagner d'une plus grande recherche créative.
La mission de l'entreprise est d'abord de créer des richesses, des biens économiques, et d'assurer sa compétivité pour ne pas menacer son existence dans le futur. Le but de l'entreprise n'est pas de réaliser le bien moral partout et toujours.
Pourtant, dans le domaine des ressources humaines, l'hyperindividualisme et l'hyperanxiété appellent une réponse : l'attention plus systématique au facteur humain et à l'épanouissement des personnes, au respect des individus et à la valorisation de leur rôle dans l'entreprise, me semble incontournable dans l'intérêt même de l'entreprise.
J'ajoute que l'exigence morale du respect des contrats, des engagements et de la parole donnée est fondamentale parce qu'elle fonde la possibilité même de la vie économique, laquelle suppose la confiance entre les acteurs. On l'a vu dans la crise bancaire récemment.

Esthétisation du quotidien, aspiration d'un nouvel art de vivre, éthique des entreprises, il y a matière à envisager la place de l'art dans l'entreprise sous de nouvelles formes.
Il semble que le mécénat artistique parrainant de grands événements dans la ville devrait donner lieu à des propositions plus diversifiées, plus nombreuses. Je constate que l'art dit d'avant-garde ou émergent, reste coupé du grand nombre
mais pour autant, un public de plus en plus nombreux, est concerné et se montre curieux d'expressions artistiques au sens large. Voyez le succès des grandes expositions, du tourisme culturel, des animations de rues.
Beaucoup reste à faire et à imaginer. C'est un vecteur à développer pour les entreprises riche en potentiel d'images."

DESIR DE...L'ESTHETISME: par Alain Livache













Le beau, le laid...Entre le beau et le laid, une autre voie...
"ce n'est pas beau, c'est laid, ça ne me plaît pas..."

Aujourd'hui une oeuvre ne tire pas sa légitimité de la fabrication d'une harmonie visuelle. Elle n'entend plus relayer les canons officiels du beau. Un "beau" on le sait, qui dans l'histoire a toujours relayé l'idéologie dominante, un rapport au monde normalisé.
Les oeuvres d'aujourd'hui ont plus affaire avec l'émergence d'un sens, d'une impression visuelle, d'un message, d'une invitation à intervenir sur le monde.
Cela à modifié son statut et sa fonction dans la communauté humaine.
Ce n'est pas le beau qui est recherché, ni le laid; c'est une autre voie, une autre voix.

REGARD #1 : La culture, l'art et l'imaginaire dans les entreprises françaises aujourd'hui

Nicolas Bourriaud, codirecteur du Palais de Tokyo à Paris témoigne:


"Les entreprises françaises ne croient pas à la culture, alors que c'est notre pétrole de l'économie française. La culture, avec les objets ou les modes de vie qui vont avec, c'est ce qu'on a de plus fort à vendre.
Ne pas s'appuyer sur le dynamisme de l'action artistique est un énorme gâchis pour les entreprises françaises, alors que la culture est le deuxième produit d'exportation américain après les armes et les avions...
...Si la France persiste dans l'ignorance de la culture, son économie sera progressivement ravalée. Qu'un pays comme la France qui en a les moyens, eu égard à son capital et à sa production culturels, n'utilise pas cette stratégie est de l'ordre du suicide.
Avis aux entrepreneurs; si vous ne vous intéressez pas à la culture par goût, intéressez-vous y par opportunisme ou par calcul. Nous perdons la bataille de l'imaginaire, alors que c'est une dimension fondamentale de notre capital. La constitution de ce capital passe par des oeuvres d' art, des produits culturels.
Nous formons en France des élites pour avoir des certitudes, à la recherche d'une omniscience pathétique. Il me paraîtrait utile qu'on les forme pour qu'ils soient capables d'une ouverture d'esprit, d'appréhender des faits inconnus. Le problème est d'être ouvert aux propositions et capable de les juger d'une manière dynamique.
Le déficit de culture et l'intérêt profond pour l'art d'aujourd'hui est lié à un analphabétisme visuel.
L'art est un ensemble de signes d'orientation dans le monde contemporain, comme la peinture pariétale de la préhistoire.
Si l'on n'apprend pas à décoder ces signes, on est (comme dans les rues de Tokyo) incapable de se diriger.

Comment un dirigeant incapable de se diriger lui-même dans les signes et les formes de vie du monde contemporain, pourra-t-il diriger son entreprise dans l'avenir et dans le monde de demain ? "

La communication par l'art, ça marche !


(Exposition en entreprise)
(Résultats d'une enquête Ipsos réalisée en juillet 2007)

L’étude Ipsos/L'art en direct sur le thème « L’Art en entreprise » réalisée en juin 2007 auprès de responsables de la communication ayant déjà fait appel à l’art, révèle que plus de 90% d’entre eux sont prêts à y avoir à nouveau recours dans le futur et les 3/4 pensent que “l’art trouvera de plus en plus sa place dans les entreprises”.

Pour une occasion festive, un lancement de produit, une remise de récompense ou encore pour la réalisation “d’une exposition susceptible de se faire l’écho des métiers de leur entreprise”, l’art devient le point de rencontre entre entreprise et performance, entre l’entreprise et ses collaborateurs.
Les résultats sont probants: 71% des personnes interrogées pensent que l'introduction de l'art en entreprise est efficace pour le renforcement de la “cohésion interne” et 60%, bénéfique au “rayonnement externe de l’entreprise”.
Depuis 10 ans, l’art revendique une autre place au sein de l’entreprise. Au-delà du mécénat, il est désormais reconnu d’utilité économique.
En interne, 59% des responsables de communication pensent que l’art permet de stimuler la “créativité et la curiosité des équipes”, de développer une “fierté d’appartenance à l’entreprise” (44%) ou encore de “créer du lien” (37%).
En externe, il est un formidable “vecteur de diffusion des valeurs et engagements de l’entreprise” (60%) mais il contribue également à “améliorer son image institutionnelle” (44%) et permet de faire “écho à ses valeurs d’innovation” (36%).

Exposition en entreprise (vu dans la presse.VdN)


Delphine DETAILLEUR, artiste peintre :
"Une curiosité visuelle. Une énergie entre couleur, image et gestuelle".

Andie TOESCA, sculpteur :
"A la frontière du language commence ma liberté d'expression par la sculpture.
Mon travail se veut en communication avec les spectateurs.
L'expression de l'artiste avec celle de l'observateur. J'essaye ainsi de créer une place
aux sentiments et à la vérité de chacun".

Direction Artistique, Didier MOON'S