
"Les entreprises françaises ne croient pas à la culture, alors que c'est notre pétrole de l'économie française. La culture, avec les objets ou les modes de vie qui vont avec, c'est ce qu'on a de plus fort à vendre.
Ne pas s'appuyer sur le dynamisme de l'action artistique est un énorme gâchis pour les entreprises françaises, alors que la culture est le deuxième produit d'exportation américain après les armes et les avions...
...Si la France persiste dans l'ignorance de la culture, son économie sera progressivement ravalée. Qu'un pays comme la France qui en a les moyens, eu égard à son capital et à sa production culturels, n'utilise pas cette stratégie est de l'ordre du suicide.
Avis aux entrepreneurs; si vous ne vous intéressez pas à la culture par goût, intéressez-vous y par opportunisme ou par calcul. Nous perdons la bataille de l'imaginaire, alors que c'est une dimension fondamentale de notre capital. La constitution de ce capital passe par des oeuvres d' art, des produits culturels.
Nous formons en France des élites pour avoir des certitudes, à la recherche d'une omniscience pathétique. Il me paraîtrait utile qu'on les forme pour qu'ils soient capables d'une ouverture d'esprit, d'appréhender des faits inconnus. Le problème est d'être ouvert aux propositions et capable de les juger d'une manière dynamique.
Le déficit de culture et l'intérêt profond pour l'art d'aujourd'hui est lié à un analphabétisme visuel.
L'art est un ensemble de signes d'orientation dans le monde contemporain, comme la peinture pariétale de la préhistoire.
Si l'on n'apprend pas à décoder ces signes, on est (comme dans les rues de Tokyo) incapable de se diriger.
Comment un dirigeant incapable de se diriger lui-même dans les signes et les formes de vie du monde contemporain, pourra-t-il diriger son entreprise dans l'avenir et dans le monde de demain ? "