INVENTONS L' HYPERENTREPRISE DU XXIe SIÈCLE.


Illustration; LUNE (Berlin)

"Le monde d'aujourd'hui nous invite à créer une forme nouvelle d'entreprise, dont la valeur est aussi fluctuante que celle d'une oeuvre d'art contemporain; l'hyperentreprise, faite de flux, d'interactions, de mouvements incessants, au carrefour du monde virtuel et du monde réel, plate-forme innovante en constante transformation, requérant de ses dirigeants comme de ses collaborateurs, partenaires et clients, des postures, des capacités et des manières d'agir dont les artistes contemporains pourraient être les précurseurs.

L'hyperentreprise intègre les richesses du passé pour mieux les recycler ou les transcender. Mais créer de la richesse dans la vélocité nécessite une mutation relationnelle qui pourrait passer pour un nouveau manifeste futuriste d'économie.

Aller vers l'autre, tisser des liens créatifs, inventer des solutions avec ses clients; l'économie immatérielle, dont l'hyperentreprise exprime la quintessence, requiert des qualités aussi nombreuses et diverses que l'exercice d'une autorité esthétique fondée sur le sentiment, la sensation et l'émotion de "vibrer ensemble" , l'ouverture à l'autre et l'exposition permanente au jugement d'autrui, l'adaptation constante des stratégies, la transformation permanente, la coopération spontanée, la mise en scène d'expériences relationnelles créatrices de valeur, et enfin de la performance comme art de vivre.

Dans l'art contemporain, pour susciter de l'intérêt et attirer vers lui des flux critiques, médiatiques et financiers dans un univers saturé de signes et d'images, l'artiste est contraint de démontrer sans cesse sa capacité à surprendre, tout en exprimant la quintessence de son époque.

A l'heure de l'économie immatérielle des services, le manager entrepreneur est celui qui a la capacité à attirer vers soi les flux de confiance, d'exigence, de sympathie et de liquidité des investisseurs.
Il représente un projet "d'expérience à partager" qui intéresse des clients; aura d'image, de prestige ou de plaisir, et de services associés qui vont avec. Pour attirer les investisseurs, l'entreprise doit démontrer qu'elle tient ses promesses
grâce à des succès.

Entreprendre au XXIe siècle c'est apprendre à naviguer avec une visibilité à court terme, en étant capable de remettre constamment en question la stratégie qui soutient ses objectifs. Les entrepreneurs contemporains agissent ainsi dans un environnement qui les contraint à adopter une posture proche de l'attitude nomade des artistes.
Notre réalité est devenu tellement fluctuante qu'elle ne peut plus entrer dans aucun modèle théorique de performance.
Assumons donc le fait ; le monde qui émerge est un monde rempli d'écume, plutôt que de pyramides lourdes et stables. Dans l'écume humaine, chaque bulle est un univers en soi, avec sa culture, sa mentalité, sa complexité, sa créativité, ses capacités défensives et offensives, notamment en matière de création, de relation
à autrui.

Dans notre monde contemporain, les entrepreneurs comme les artistes traversent le monde réel, en captent les mouvements invisibles. Ils détectent les tendances émergentes qu'ils confrontent aux traces du passé pour stimuler des processus d'innovation chargés de sens pour leur environnement, pour leurs clients, pour leurs collaborateurs et pour eux-mêmes.
Ils sortent du cadre des idées convenues pour donner naissance à des projets uniques, différents. Le développement se traduit par une action responsable des artistes et des entrepreneurs, pour dépasser le seul profit, pour partager la confiance en soi et l'élan constructif, pour créer de la valeur et pour contribuer à l'équilibre d'un monde où tout interagit avec tout.

Ils dessinent et partagent des visions en devenir pour inventer de nouveaux futurs.
Ainsi les artistes comme les entrepreneurs révèlent et assument leur mission noble." C.M